Autobiographies,  Lectures,  Romans

Manifesto – Leonor de Recondo

Quatrième de couverture – « Pour mourir libre, il faut vivre libre. » La vie et la mort s’entrelacent au coeur de ce « Manifesto » pour un père bientôt disparu. Proche de son dernier souffle, le corps de Félix repose sur son lit d’hôpital. À son chevet, sa fille Leonor se souvient leur pas de deux artistique. L’art, la beauté et la quête de lumière pour conjurer les fantômes d’une enfance tôt interrompue. Pendant cette longue veille, l’esprit de Félix s’est échappé vers l’Espagne de ses toutes premières années, avant la guerre civile, avant l’exil. Il y a rejoint l’ombre d’Ernest Hemingway. Aujourd’hui que la différence d’âge est abolie, les deux vieux se racontent les femmes, la guerre, l’oeuvre accomplie, leurs destinées devenues si parallèles par le malheur enduré et la mort omniprésente.

Couverture du livre Manifesto de Leonor de Recondo
Manifesto de Leonor de Recondo

SUR LE LIVRE :

Deux narrations. Deux musiques. Celle de Leonor qui, dans cette chambre d’hôpital, tient la main de son père, et se remémore souvenirs et anecdotes. Sa mère, Cécile est avec elle. Ensemble, elles veillent sur Félix. Nous assistons, d’un œil attentif et respectueux, à un instant de douceur partagé, au cœur d’un cocon qu’elles prennent soin de ne pas brusquer. Nous sommes au plus près de leurs émotions. Un voile, très léger, nous permet de rester à peine au-dehors, mais d’en ressentir toutes ces substances.
La deuxième narration vient de Félix. Entre deux mondes, partageant ses morceaux de vies avec Ernesto. Tous deux contemplent, avec une sagesse infinie et un discernement éclairé, ces instants vécus et parfois oubliés.
Nous sommes, nous lecteurs, en retrait, retenant notre souffle pour ne pas les importuner par notre présence. Nous sommes là, silencieux, assistant à la plus belle force qui domine tout le reste : L’AMOUR.

CE QUE J’EN AI PENSÉ :

Manifesto” fait partie des plus grands romans. Je retrouve le style poétique et si particulier de l’auteur, que j’affectionne. Avec des phrases courtes, percutantes mais légères, Leonor de Recondo nous partage, sans détourner la vérité, un pur éloge de l’amour. Les deux narrations sont très bien conduites. Dans cette chambre d’hôpital où Félix vit ses derniers instants et ces discussions avec Ernest Hemingway qui nous baladent à travers l’Espagne d’autrefois. La vie et la mort se côtoient, l’histoire et le présent également. Le tout dans une bulle que l’on a peur de percer. Un grand bonheur nous envahit. Celui qui nous atteint, lorsqu’on lit un livre si touchant. On est ébloui, encore une fois, par la beauté et l’amour.

5 étoiles : *****

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *